stellou

Thursday, May 12, 2005

9 mai
Chronique nique nique

(warning: les photos sont souvent complètement décalées...)

Well well well, comme je ne souhaite pas déroger a ma no-blog attitude - j’ai des principes, moi, mossieur (/madame/mademoiselle) - mais que je me sens un peu lonesome cow-girl à faire des gribouillis sur mon carnet moleskine à petits carreaux, je me lance donc dans la “chron-amer-ique”.



Concept: la chronamerique pourrait se définir comme un meta-blog post-humaniste au fil des miles jonchés de lambeaux de pneus éclatés et de chiens/chats/lapins écrasés, la patte raide pointant un crépuscule inatteignable dans notre folle course à l’ouest, nous sommes décidément les Danaides des temps modernes... Mais je m’égare.



Ce qu’il faut comprendre, c’est que je démarre une rubrique quotidienne à 3 jours de la fin de notre road-trip, et qu’il y a de grandes chances que cette rubrique quotidienne soit unique, sachant que nous taquinerons le désert jusqu’à l’Os en Gelée.



Nous sommes à El Paso, Texas, à la frontière mexicaine. De l’autre côté, organiquement collée comme le seraient deux soeurs siamoises, c’est Ciudad Juàrez, et les flingues sont interdits, c’est un panneau sur l’autoroute qui le dit. L’ensemble est un monstre incrusté dans une vallée désertique et constellé de points lumineux comme autant d’insectes phosphorescents agglutinés autours d’un papier gras.



La chambre de motel a des relents de désinffectant, et la moquette trop moëlleuse absorbe toute la moiteur de l’air. Le repos des guerrières ne s’avère guère de tout repos... pourtant les filles dorment déjà d’un sommeil de plomb. Le bourdonnement du générateur électrique dehors a du les bercer. Et il faut dire que la journée fut longue.



De Houston-we got a problem (le déluge, le vrai, en live), ville tentaculaire aux mille échangeurs (à chaque ville sa gloire), nous prenons la I-10 West, par le tronçon en travaux : il s’agit de transformer la 2 fois 6 voies en 2 fois 12 voies, et j’ai déjà du mal à imaginer ce qu’est une 2 fois 6 voies....



Notre traversée du Texas ne nous enchante a priori pas, nous nous sommes officiellement interdit de nous faire arrêter dans cet etat de clowns en chapeaux de cow-boys. Et bien, je ne joue pas le suspens, c’est raté... Non seulement le méchant Texas Ranger nous arrête, mais en plus il a la bonne idée de nous envoyer devant le juge de “Ozona”.



Demi-tour sur l’autoroute (des cow-boys je vous dis), et arrivée dans le bureau d’un juge papy brossard, qui ne feint même pas d’être occupé à autre chose qu’à finir sa réussite sur ordinateur quand nous entrons, tandis que ses trois poules de secrétaires, tout en parlant brushing, offrent bonbons et grands sourires de serial mother dans le bureau d’à côté. Papy a gagné sa journée : grâce à Astella, c’est la première fois qu’il voit un permis de conduire singapourien (rien de bien fou pourtant), et il nous déleste quand même de 120 USD. Il sourit tellement que j’ai peur que son steradent se décolle. On n’ira pas voir le musée David Crockett pour la peine, Crockett ou rackett, il faut choisir.

D’ailleurs là je choisis de dormir un brin.



Je reprends on the road to Albuquerque. Nous venons de quitter le Texas, welcome to New Mexico. Un charmant patroller nous demande nos passeports, mais nous laisse malheureusement repartir sans même nous avoir sauvagement fouillées au corps. Dommage...



Nous voilà donc à Truth or Consequences, non, ça n’est pas une blague. Et encore, on a evité de passer par Corpus Christi au sud de Houston.... Truth or Consequences, c’est l’histoire vraie d’un village qui a pris ce nom idiot après que l’animateur du show télévisé du même nom (le show, pas l’animateur), dans les années 50, a promis de venir tourner l’émission dans le premier bled qui changerait son nom pour prendre celui de Truth or Consequences. Ta-dam. Et voilà. Mais ça reste charmant. Tellement que Maud en prend la route à contre-sens. On aura tout eu au Texas...



Ce qui me plaît dans ce patelin, c’est qu’il est clairement le seul à porter ce nom. Ça doit même être l’unique village dans ce cas. Car il y a une chose remarquable dans ce pays, c’est la redondance dans les noms de lieux (et je ne parle pas des post-human beings, sinon il faudrait aussi que je raconte pourquoi le biker sur la photo avec Astella ne pouvait s’appeler autrement que Chuck Riddle...).

Quand je l’ai fait remarquer à la miss Stellou, elle a eu cette phrase mythique: “On dirait que le pays est tellement grand qu’on doit recycler les noms”. J’adore cette idée de devoir recycler les noms... Colorado, Las Vegas, Washington, Portland, Charlottesville, Walnut Grove, et ils vont meme jusqu’a recycler Paris, London, Orleans, pffff, aucune imagination! (cela dit, c’est un peu pareil en France, si on devait compter les “Villefranche” ou les “Grand-bourg”...)



Bref, de toute façon, il y a de moins en moins de villages là où on va, de moins en moins de gens aussi (et c’est bien comme ça), mais de plus en plus de soleil, de plus en plus de cactus, c’est le wild wild west... enfin, presque, parce que même si Maud et moi avons chacune un chapeau de cow-boy, c’est pas pratique de rentrer avec dans la Toyota Corolla, donc n’exagérons rien...



Sur ce, take a walk on the wild side, guys and dolls.

yaya

2 Comments:

Anonymous Anonymous said...

"Mais Houston c'est quand même plus beau que New York!", enfin je dis ça, je dis rien...
Türkish Delight...

12 May, 2005 14:35  
Anonymous Benoit said...

hey ! je sais pas qui est ce Turkish delignt anonymous, mais je vous signale que les dolls (comme dirait ya) elles sont Stamboulites jusqu'à Lundite --ça rime !

(et même que Jeanne m'a laissé du boulot parce qu'elle partait en vacances, c'est vrai on peut pas tout faire)

ya, t'as un vrai talent du clavier, t'aurais du faire éditorialiste, dans la vraie vie, au lieu de faire solidaire : ça paye moins chui sûr !

12 May, 2005 22:24  

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