stellou

Saturday, May 07, 2005

7 mai
Attablées dans un petit jardin à l’ombre (oui j’ai déjà chopé un coup de soleil), tables de jardin en fer forgé, palmiers et magnolia. On se calme un peu. New Orleans, c’est la folie. Non mais, vraiment. Dans Bourbon Street, les gens se promènent en buvant dans de grands verres en plastique, ça sent la bière, la cendre et la pisse, et chaque band essaye de jouer plus fort que son voisin. Il y a des jeunes noirs qui font des claquettes en baskets, des femmes qui montrent leurs seins, des bikers qui montrent leurs engins.

On a débarqué en fin d’aprem hier, apres avoir traversé les marais et les usines fumantes de Baton Rouge.

Le truc c’est qu’on écoutait le volume 3 des oeuvres complètes d’Hector Gomart, et voilà le verdict. Astella fait une grimace de surprise en entendant ‘tes gros seins, ton petit cul’ ; Ya chante sur Jean Jacques Goldmann parce qu’elle était fan entre 12 et 14 ans ; Ya et moi chantons sur ‘chacun fait ce qui lui plait’ (surtout le refrain) ; et tout lemonde chante et danse sur ‘Sweet dreams’ parce que qui n’aime pas Annie Lenox. Mais quand, vers la fin, résonnent les premiers accords de la BO de Rocky, c’est « Oh My Gowd, Hector Gomart ! », et puis immédiatement on imagine une séquence, avec ça en musique de fond (comme dans Pretty Woman quand elle fait les magasins), et Hector dans son nouveau short à flammes, boxant, puis penché le soir sur un livre de Dostoievski, et enfin perché sur une échelle en train d’accrocher ses rideaux. HAHAHA (nous on a ri en tous cas).

A notre dernière pompe à essence, on s’est faites abordées par un groupe de bikers du Montana qui se rendaient au Festival de la Langouste à Lafayette (« des petits homards, Mr Gomart » s’est empressée d’ajouter Astella, qui décidément a le sens de l’à propos). Il y avait deux frères, l’un portait les bottes de cow boys de mes reves, l’autre s’appelait Chuck et a accepté de poser avec Astella.



Ils nous ont escorté un moment, et c’était comme si les 7 nains avaient décidé de se faire un trip Easy Rider parce qu’ils étaient 7 et bedonnants, et barbus sur leurs selles à accoudoirs.

A la sortie de Natchez, ville fantome des bords du Mississipi, on a déjeuné chez Mammy’s, qui, comme son nom l’indique était rempli de vieilles dames et offrait des tartes comme dans les Walt Disney, toutes en hauteur et pleines de crème. Ca sentait le parfum de grand-mère, il y a avait des sets de tables à fleurs, et on buvait de la limonade dans des pots de confiture, et dans la cuisine, il y avait une version américaine de Mamie Nova, avec le chignon et le sourire, mais en jean et baskets.

Plus loin sur la route, il y avait une pancarte pour la ‘Catalpa Plantation’ qui m’a rappelé cette blague indémodable du pater : « Talpa se promène d’un air bizarre, mais qu’a Talpa ? ».

Les routes dans le sud sont ponctuées de messages subliminaux, écrits sur d’immenses pancartes, tels que : « Abstinence is the best choice program », « a family that prays together stays together », ou encore « Huge ultimate double whopper ». Sinon, à la Nouvelle Orléans, on aime les balcons de fer forgé aux fleurs dégoulinantes, la vieille maison coloniale de bois blanc qui nous sert d’auberge et sa terrasse qui invite à la reverie, mais pas tellement le cimetière (n’en déplaise à la Queen Mother qui nous l’avait chaudement recommandé...).

Ya qui s’est mise à lire ‘On the road’ m’interrompt pour me dire que mon post est bien long, mais, lui rétorqué-je (j’aime beaucoup ce verbe rétorquer, et je n’ai pas souvent l’occasion de l’utiliser), trop de choses à dire et puis je suis sure que j’en oublie la moitié, ce qui me vaut cette perle que je blogue immédiatement : « ce qui compte dans le blog, c’est le blog ». C’est quasiment aussi bon que lorsqu’Astella, en passant devant une maison ‘A Vendre’, nous a fait remarquer, un (grand) sourire en coin, qu’en plus on était VENDREdi....Qu’est ce qu’on se marre, vive les vacances.

Maudou

5 Comments:

Anonymous Anonymous said...

Bedonnants? Jeune fille, je trouve que vous êtes très dure avec des hommes juste un peu enrobés...

08 May, 2005 12:11  
Anonymous Kerbike said...

évidemment, la question c'est : "c'est quoi leurs engins, aux Bikers ?"

08 May, 2005 14:43  
Anonymous Anonymous said...

La vraie histoire, c'est en arrivant à Broussette en voiture, vannés par le voyage, un peu crispés dans la voiture surchauffée, on montait l'allée, et contre la grosse tour carrée ou était planté l'arbre, mon père réclamait le silence, et demandait d'un air préoccupé : "les enfants, avez vous remarqué que Talpa se promène d'un air byzarre?"

Et les enfants, dès la deuxième édition, de 7 à 17 ans, avaient le devoir de répliquer en choeur : "Mais ...", etc.

et ça détendait aussitôt l'atmosphère, car mon père avait un don inégalable pour détendre Ladite !

08 May, 2005 14:48  
Anonymous Anonymous said...

en plus maintenant je range ma chambre... vous avez pas fini de vous marrer! ça je vous le dis!
hector

10 May, 2005 01:38  
Anonymous Anonymous said...

Qu'est-ce que c'est que cette histoire de Broussette ?

Curieux rapprochement avec la N.O. !

10 August, 2005 08:56  

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