stellou

Friday, May 06, 2005

4 mai
Un air de deja vu (2) : parce qu’on veut avoir le temps de regarder les cow boys a Nashville, et parce qu’on veut voir l’aube sur les montagnes, on s’est levées à 5 h du mat. Et là c’est comme quand on va regarder le lever du soleil au Puy Mary. Il fait encore nuit, les premiers oiseaux sifflotent timidement. Encore ensomeillée, je prends le volant et c’est de nouveau les tournants, l’aube est grise (la chair est triste et j’ai lu tous les livres, comme dirait l’autre), mais les sous-bois au mois de mai se la jouent pointillistes avec leur vert tendre tacheté de blanc et de rose.

A la sortie des montagnes, une rivière brune et large de chercheurs d’or, et un train fait de wagon vides et rouillés. Au petit matin, à la station essence, l’odeur de graisse nous agresse. Les femmes sont grosses presque difformes et nous appellent ‘hon’. Impossible de trouver du thé. Plus tard au village, les enfants, sagement postés sur le bord de la route qui attendent le bus.

Sur l’autoroute, Ya fait DJ, elle a une spéciale dédicace, c’est ‘La femme d’Hector’ de Brassens ( on aime beaucoup cette chanson parce que quand on la chante on peut dire ‘Hector’ une bonne dizaine de fois, et aussi parce que, au final, tout le monde aime la femme en question, y compris Pamphile, dont le nom incongru me rappelle celui, absurde et imprononçable, de l’homme qui a vendu ses gouttes à Ya: Mesfin Gegziabhear.

(Et oui, je l’ai noté ce nom, tout en regardant fascinée les grosses bouteilles de Prozac, dont la barbie à talons et brushing devant nous semblait etre une sérieuse consommatrice.)) Bref l’histoire avec la chanson de Brassens, c’est qu’aux premiers accords j’ai eu un sourire ému et une exclamation enjouée, Astella derrière, bloguait. Plus tard, je mentionne la chanson, et là, avec l’air ingénu qu’on lui connait, ‘Aaah, je croyais que c’était ‘la FIN d’Hector,’ et je trouvais pas ça nice !’.

Sur l’autoroute : un pick-up avec un autocollant I coeur Jesus, une caravane qui derrière elle tire une jeep, des grqnges de bois qui parfois s’effondrent, et parfois sont flanquees de grands silos en forme d’ogive d’obus avec un toit ouvrant coulissant qui en fait de parfaits observatoires (une idée de recyclage de ou d’activité alternative pour les fermiers proches de la banqueroute), des églises qui annoncent leur message comme les cinémas annoncent leurs séances (celle ci par exemple, parfait exemple de la casuistique perverse d’une religion de la grace : ‘ God promises a safe landing, not a calm passage’).

Nous évoluons dans un paysage de playmobil : les vertes prairies avec les vaches posées dessus, les rectangles de motels et fast foods avec leurs enseignes (comme des modèles géants des touillettes qu’on met dans les cocktails) fichées dans le sol.

Après Knoxville, on décide de s’arreter pour pique niquer, à Farragut (Troufigny les Oies, Tenessee), la première chose que l’on trouve c’est, croyez le ou non, un ‘cheese shop’. La vendeuse, tout sucre et tout miel dans son accent du Sud, nous dit, après les questions d’usage et en toute innocence, ‘You have good cheeses TOO in France’(HAHAHA). C’est décidé, on aime le Sud. Donc fromage pain, et aussi tomates, fraises avocats, carottes et raisins. Parce qu’en matière d’épicerie, il n’y avait que le modèle King Size, et donc, victimes de la règle de base du ‘plus y en a, plus t’en veux’, on s’est un peu lachées.

Milieu d’après-midi sur la route de Nashville, les Shins à fond, soleil, on se croirait vraiment dans un western des temps modernes.

1 Comments:

Anonymous Anonymous said...

i can't remember my password, anyway ladyjg has gone anonymous. maud i have to tell you do you know this group calles 'critical art ensemble?' i have to send you a pdf can i do it through the blog or do i have to post it otherway? girls , ya 'hope your better, tes yeux toujours conjonctivisés? stella your red shoes are just grant, be smooth on the cheese, for the car'seats'sake....it absorbs odours like a motherfucker

06 May, 2005 10:58  

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